#IA et #travail, deux constats :
1️⃣ le déficit de culture technique rend terriblement difficile l’évaluation des promesses portées par une technologie.
2️⃣ les entreprises tendent à sélectionner des innovations « digestes » dans une nouvelle technologie, plutôt qu’à prendre le temps de considérer le potentiel disruptif tant la rupture demandent d’effort.
Le hasard d’échanges récents, l’un avec un entrepreneur et l’autre avec un directeur de la transformation, me renvoit à une réflexion autour du livre de Michel Goya partagée ici en 2019, qui reste étonnamment d’actualité.

1️⃣ Déficit de « technology leadership»
La capacité à « bien voir » dans la technique des solutions à des problèmes réels suppose d’accepter de se frotter à ces techniques ou technologies. Aussi trivial que cela puisse paraître, l’enjeu est de taille : l’incapacité à évaluer la promesse d’une innovation devient un défaut dans des univers marqués par la technique, que ce soit en la rejetant trop vite ou en cherchant à en pousser l’adoption à tout prix.
La vague de l’IA générative ne fait pas exception, et il y a fort à parier que la vague montante de l’IA agentique va suivre le même chemin. Trop souvent, les initiatives que j’observe relèvent avant tout de la communication, laissant de côté les enjeux du travail des utilisateurs au quotidien, freinant au mieux la diffusion des ces outils quant cela ne conduit pas à leur abandon rapide.
Comme je l’écrivait dans l’article auquel je vous renvoie, il y a là un sujet ancien, dont on peine encore à tirer les leçons. Le temps long des armées le rappelle bien.
Ce que rappelait par ailleurs Yves Caseau lorsqu’il écrivait à la même époque: « il ne peut y avoir de succès pour une entreprise dans le monde numérique dans lequel nous vivons sans maîtriser les « codes » des systèmes d’information exponentiels ».
2️⃣ Des innovations pensées ou poussées « à la marge
A la lumière de Clayton Christensen, Michel Goya résumait ce point en quelques lignes : « Les armées, comme les autres institutions, ne sont pas conservatrices par nature. Elles apprécient les innovations radicales qui accroissent d’un coup leurs capacités, mais rechignent aux innovations de ruptures, car l’adoption de celles-ci demandent beaucoup plus d’efforts ».
On a sans doute là un des soucis fondamentaux de nombres d’organisations actuelles : La tentation est forte (pour des raisons souvent estimables) de privilégier la lecture radicale de toute innovation, ce qui conduit à passer à côté de leur potentiel de rupture.
L’une de ces manifestations : chercher à introduire de nouveaux outils ou méthodes sans rien changer au produit ou au modèle d’affaire.
Une autre est le raccourci, qui peut vite devenir un problème douloureux, est fait lorsque une solution technologiques est adoptée sans profiter de ce changement pour revisiter/repenser les façons de travailler et les processus existants.
Publié initialement sur LinkedIn : voir le billet d’origine
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