Entreprendre, vendre, puis faire une croix sur une rémunération de 60 millions $, c’est le choix fait par un entrepreneur, Vinay Hiremath, le co-fondateur de Loom.
Cette décision, partagée dans un billet de blog, secoue les réseaux sociaux où trainent des entrepreneurs depuis quelques jours (quand bien même bien des ventes, au-delà du prix annoncé, se font à des montants qui sont incomparablement inférieurs).

En commentaire d’un billet publié par Louis Debouzy sur le sujet, je réagissais en écho à des échanges passés avec des exiters ayant quitté leur entreprise, ou devenus salariés le temps de récupérer leurs earnouts (compléments de prix).
Ma première question à un entrepreneur qu’on dit à succès et qui a vendu son entreprise est: « comment vivez-vous cette période qui s’est ouverte avec la cession de votre boite? ». Ce qui semble les surprendre, ouvrant sur des échanges toujours riches.
Si l’aisance acquise (relative la plupart du temps) laisserait penser que la vie devient facile, souvent surgit une question presque existentielle : « What’s next, car je n’ai ni l’âme, ni les envies d’un rentier ». Avec parfois à la clé une phase de basse énergie ou même de dépression.
Contrairement à la croyance répandue, je doute que l’argent soit pour un entrepreneur une mesure du succès (pas plus que ne l’est la vente de leur entreprise). Il peut en être un proxy, faute d’avoir identifié ce après quoi un entrepreneur court. Et il faut du temps pour en prendre conscience. D’ailleurs, une fois la vente passée, il est rare de voir un entrepreneur s’arrêter de courir.
Pour éviter un trou d’air qui suivrait la vente, un temps pour identifier ce moteur réel peut être nécessaire. L’étape n’est pas simple, parfois presque aussi difficile que celle qui suit un échec entrepreneurial (dans ce dernier cas, il y a Les Rebondisseurs Français ou de 60 000 rebonds qui peuvent vous aider).
Mon conseil, ne restez pas isolé:
- Rejoignez un collectif d’entrepreneurs,
- Faites-vous accompagner.
Si ce temps d’introspection n’est jamais évident, je suis frappé, à l’aune de clients qui sont passés par là, de la vitesse à laquelle l’énergie revient. Se reposer la définition de ce qu’est un entrepreneur peut vous aider dans votre réflexion.
J’en avais tenté une, à la lumière de ceux que j’accompagne : J’insistais sur le besoin d’action, de dépassement et de renouvellement que je rencontre chez eux. Pas une fois, mais au quotidien (besoin d’achievement pour reprendre un mot anglais).
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Si vous venez de vendre (que vous soyez encore dans la structure ou que vous l’ayez quittée), prenez donc le temps pour faire le point sur la période qui s’ouvre.
Vous découvrirez probablement que lorsque l’on parle d’entreprendre, le chemin prime sur la destination. Et que ce chemin ne s’arrête pas nécessairement avec une vente, quelle qu’en soit la forme.
Vous pouvez même m’appeler pour en parler autour d’un café!
Publié initialement sur LinkedIn : voir le billet d’origine
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