Quelques chiffres pour réfléchir aux enjeux d’association quand un entrepreneur se lance. Et que se pose l’arbitrage entre avancer seul (solofounder) ou en équipe, tiré d’un billet de Peter Walker publié sur Linkedin (.

Si l’idée de partir à plusieurs est rassurante, et qu’elle permet de combiner les forces de chacun, il ne faut pas oublier que le dialogue d’associés est un écueil majeur de la vie entrepreneuriale. Jusqu’à être l’une des principales causes d’échec d’une boite, même rentable.

Parmi les risques :
- un désalignement progressif des cofondateurs, constaté trop tard,
- un partage des parts (1/n) au lancement de l’aventure qui, après plusieurs années, devient un motif de frustration dès lors que la contribution à la création de valeur s’éloigne de cet équilibre (sans même parler d’écart d’investissement personnel),
- une frustration intense du plus entrepreneur des n associés dans le développement au quotidien et dans la prise de décision,
- la parfois difficile cohabitation entre plusieurs tempéraments très entreprenants, tirant dans des directions différentes.
Warning :
- Ces chiffres sont culturellement marqués : issus d’une étude US, avec un focus startup ayant levé de l’argent auprès de VC,
- Un biais du survivant évident (minoration probable de l’effet réel car sont naturellement exclues les boites tombées au champ d’honneur avant la réalisation de cette étude) complique l’analyse qui pourrait être faite.
Entreprendre en solo est une piste pertinente ! Cela n’a rien de nouveau et mérite d’être rappelé. Je pense même que cette option est largement sous-estimée (ce que souligne Peter Walker dans son billet) : dans bien des cas, nul besoin d’une équipe de fondateurs.
Reste le sujet de la solitude de l’entrepreneur me direz-vous avec justesse. Évidemment ! Ce que beaucoup oublient, c’est que cette solitude s’exprime aussi au quotidien lorsque l’on a des associés : il est souvent difficile de tout partager, y compris ses doutes, craintes, désaccords et faiblesses. Je peux en témoigner au vu du nombre d’échanges sur le sujet avec de nombreux entrepreneurs.
La question centrale : savoir s’entourer avec justesse et le plus tôt possible. Les pistes pour ce faire sont multiples:
- Conseils en tout genre (avocat, expert comptable, et bien entendu sparring partner ??…),
- Réseaux d’entrepreneurs (ils sont nombreux, chacun avec leurs caractéristiques, par exemple le Réseau Entreprendre ou Les Rebondisseurs Français),
- Des cercles pour progresser et se confronter à des sujets variés (APM – Association Progrès du Management, CJD)
- Business angels et mentors,
- Et même salariés (je vous renvoie à l’idée du first follower proposée par Derek Sivers).
Avant de vous lancer, pesez donc aussi la piste solofounder. Et si vous avez des doutes, on en parle autour d’un café.
Publié initialement sur LinkedIn : voir le billet d’origine
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