Emploi : L’intelligence artificelle a bon dos ! Il est temps de respirer un grand coup et de relire cet article des Echos de novembre 2022 (quelques semaines seulement jours avant le lancement de ChatGpt 3.0).
Le chapeau était explicite : « La nouvelle vague de plans sociaux récemment annoncés dans les entreprises tech américaines, Amazon, Meta et Twitter en tête, a fait passer le nombre de licenciements dans le secteur à plus de 120.000.

Et ceci s’expliquait par le contrecoup d’embauches massives durant la pandémie de salariés « tech » pour soutenir le boom des services à distance qui nous ont permis (citoyens, salariés, entrepreneurs et entreprises plus grandes) de tenir ou de rebondir : « Après avoir beaucoup embauché pendant la pandémie, – période florissante où leurs produits et services s’étaient rendus indispensables à leurs clients confinés -, les grandes sociétés technologiques déchantent ».

Et aussi par un « ralentissement du marché publicitaire, souvent au cœur de leur business model », marché publicitaire qui doute face aux bouleversements annoncés par l’IA générative, dont les effets tardent pourtant à se matérialiser.
Je vous recommande d’aller lire directement l’article.
Ce qui me surprend, c’est l’amnésie collective qui nous touche. Les effets d’annonces ne cachent que difficilement la réalité : l’IA est un argument percutant, mais rhétorique avant tout, qui habille des décisions stratégiques pour protéger une rentabilité dans un contexte macro-économique difficile, voire inquiétant.
Contrairement à ce que beaucoup partagent ici, il me semble largement prématuré d’analyser les mouvements de l’emploi comme liés à l’IA principalement. Il existe nombre de raisons plus immédiates: une incertitude mondiale pesante, macroéconomique et géopolitique, des fragilités économiques de nos entreprises accentuées par l’instabilité politique…
Sans même parler du fait que l’adoption réelle de l’IA me parait en réalité bien plus limitée qu’il n’y parait: la diffusion de synthèses automatiques de réunions bancales et la rédaction facilitée d’emails n’ont que peu d’impact sur la productivité des entreprises.
Plutôt que de nous émouvoir, repartons dans le réel: il y a bien assez à faire en matière de transformation des organisations, de développement de nos entreprises et d’intégration de tous les changements sur lesquels nous buttons.
Au travail donc ! Par exemple en regardant du côté de l’initiative Rerum Novairum.
PS : je vous invite à aller jouer avec le site layoffs.fyi mentionné dans cet article de 2022. Il permet de recoller un peu aux faits.
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