Joie des collisions autour des entrepreneurs, du travail et du changement dans les organisations : quand des lectures croisées « carambolent » la préparation d’un cours universitaire et conduisent à relire des classiques top peu connus.
Pour ceux qui ne connaissent pas le billard français, la carambole est la bille rouge, qui ne peut être déplacée qu’en étant frappé par une des deux autres billes.
La carambole du jour m’est offerte par Bertrand Duperrin dont je vous recommande une fois de plus la lecture du blog. Il tisse en ce moment une série de billets autour du travail et de son futur.
Dans le billet partagé ici1, Bertrand Duperrin rappelle la nécessité de s’intéresser dans un même mouvement « aux gens, à la technologie et au contenu du travail dans un monde où on traite systématiquement ces trois éléments de manière dissociée et contreproductive, voire où l’on cherche à les opposer ».
Comme il le rappelle, c’était déjà la conviction d’Antoine Riboud2 il y a 50 ans. Plutôt que de commenter le billet, je voudrais faire le pont ici avec l’entrepreneuriat tant j’ai le sentiment que nombre d’entrepreneurs sont à l’action, à bas bruit, et contribuent à transformer le monde.
Que ce soit par:
- l’impact que ces femmes et ces hommes cherchent à avoir, conscients que « la responsabilité de l’entreprise ne
- s’arrête pas au seuil des usines ou des bureaux »,
- la réduction des « inégalités excessives en matière de conditions de vie et de travail »,
- une réflexion sur « l’amélioration de la qualité de vie en disciplinant la croissance »,
- la redécouverte d’un besoin essentiel pour chacun, celui de la personnalisation, dans les relations d’autorités mais pas que. Et que cette personnalisation va de pair avec une réflexion sur la confiance.
- Comme le souligne BD, « La vision de Riboud demande de penser conjointement un certain nombre de choses que l’on se plait à croire antagonistes.
Si cela représente un défi évident et terriblement complexe pour un dirigeant qui a des comptes à rendre, il y a là pour un entrepreneur aux manettes de son aventure une piste à ne pas négliger :
- « Penser conjointement » est aussi pour eux une contrainte, mais ce faisant une fabuleuse opportunité pour agir en usant de la liberté qui est la leur,
- L’antagonisme trop souvent perçu est une ressource précieuse pour peu qu’on s’y arrête et qu’il soit pensé comme une ressource.
Pour conclure, je vous renvoie la question posée par Bertrand Duperrin à la fin de son billet : « Vous connaissez une entreprise qui aujourd’hui revendique l’héritage Riboud et travaille dans ce sens? Si oui je suis preneur ». Si vous en connaissez, merci de les partager en commentaire, je suis tout comme lui vivement intéressé !
PS 1 : Je sens que mes étudiants vont avoir à se pencher sur la pensée d’Antoine Riboud sous peu.
PS 2 : Et comme la vie est bien faite, je découvre en poursuivant mes lectures que Martin Richer a partagé sur son blog une retranscription de ce discours d’Antoine Riboud à Marseille en 1972. C’est ici : https://management-rse.com/parole-de-dirigeant-le-discours-clairvoyant-dantoine-riboud-a-ses-pairs/. Il en a par ailleurs tiré une chronique pour Entreprise & Carrières, soulignant que « La « responsabilité » irrigue le propos [d’Antoine Riboud] comme elle doit irriguer l’entreprise ». C’est là : https://management-rse.com/wp-content/uploads/2022/11/EC_EC1600-Antoine-Riboud.pdf
Publié initialement sur LinkedIn : voir le billet d’origine
- Il y a 50 ans , le discours de Marseille. Et depuis ? Bertrand DUPERRIN, 1 décembre 2022 – https://www.duperrin.com/2022/12/01/il-y-a-50-ans-le-discours-de-marseille-et-depuis-pas-grand-chose/ ↩︎
