Travail & automatisation – épisode n°2
Je vous parlais la semaine dernière de la confusion entre travail et tâche. Un autre point obscurcit la réflexion: la croyance en un travail fantasmé, pénible et manuel, que remplacera la technologie. Ce modèle mental est plus ancien que l’intelligence artificielle.
Pour creuser cela, je vous renvoie à cette conversation entre Dominique Méda et Antonio A. Casilli dont je soulignerai 2 points :
- Le travail est avant tout un processus social, pas un « travail pur », un travail « des mains » qui n’a jamais existé. « On s’est toujours servi d’outils, et ceux-ci ont simplement changé : hier des marteaux, aujourd’hui des tablettes » (A. Casilli).
- La suppression des tâches les plus manuelles ou routinières crée du « travail complexe et plus intelligent » (D. Méda).
La substitution n’est pas acquise, et la complémentarité mal comprise. D’autant que ceux qui « décident d’une innovation ne s’interrogent jamais vraiment sur les besoins de la personne qui travaille et qui va l’utiliser ».
Ce qui se vérifie sur le terrain : entre l’invention et sa diffusion (l’innovation), il y a un monde. Bien souvent, cela ne prend pas, ou se diffuse d’une façon bien éloignée de ce que ses concepteurs avaient imaginé.
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