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IA générative et emploi

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Travail & automatisation n°5 – IA générative et emploi

A l’aune de l’année qui vient de s’écouler, si dense compte tenu de la multiplication des solutions d’IA génératives, 3 ans semblent une éternité, laissant penser que tout est maintenant différent, et ces réflexions dépassées. C’est sans compter une phrase d’Ibrahima Fall, nichée à la toute fin d’une vidéo sur le l’illusion managériale1 : « L’innovation technologique sans infrastructures sociales et politiques n’est qu’un facteur de routinisation du travail ».

Ibrahima y déploie une réflexion sur l’illusion managériale qui consisterait à ne voir dans les personnes qui travaillent sous notre responsabilité comme des « instruments avec lesquels il [nous] faut accomplir [notre] tâche et réaliser [nos] projets ». Ainsi que sur la nécessaire éducation au management pour dépasser cette posture dangereuse.

L’irruption de l’IA générative, dernier avatar de l’innovation technologique qui vient percuter le monde économique, ne rend pas obsolète les réflexions passées au sujet de l’impact des technologies sur l’emploi, qui dessinent un monde où les postes seraient inexorablement détruits et les humains remplacés par des machines. Humains déjà trop souvent chosifiés par des pratiques managériales qui n’ont nul besoin de technologie pour vider le travail de sa substance relationnelle et humaine.

Bien au contraire, il devient urgent de regarder le cœur du sujet, celui du travail, confondu à tort avec celui de l’emploi, et la façon qu’a la technologie de bouleverser ou déplacer les tâches qui le structurent, ainsi que les rapports humains.

C’est ce à quoi Pierre Blanc dans une intervention chez Espérance & Algorithmes nous appelait, indiquant que derrière la question du travail se profilent deux autres, dont nous ne pouvons faire l’économie: celle du temps et celle du choix de société que nous voulons.

Travail, temps et choix de société : sans doute 3 des défis auxquels tout entrepreneur de la tech doit porter une attention renouvelée, pour réfléchir aux équilibres à trouver entre l’Homme et la machine. Rien de nouveau au fond si l’on se souvient qu’il y a plus de 35 ans, un entrepreneur affirmait ce qui sonne d’un parfaite actualité :

« Le changement technologique n’a pas d’importance en soi […]. Ce qui compte […], c’est de faire évoluer au bon moment, et si possible en permanence, le travail des hommes en même temps qu’on fait évoluer leurs outils. »
J’aime cet « en permanence », en apparence anodin, glissé par Antoine Riboud en 1987.

Qui disait déjà 15 ans plus tôt, en 1972 dans ce qu’on retient comme le discours de Marseille : « Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le #changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise ».

Publié initialement sur LinkedIn : voir le billet d’origine

  1. La stratégie de l’autruche : démasquer l’illusion managériale, Ibrahima Fall, 2024 https://www.youtube.com/watch?v=dVHlt8rF01I ↩︎

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