Travail & automatisation n°3 – Magie & illusion
Autre élément, l’adage de l’écrivain Arthur C. Clarke: « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie ». Au point qu’il nous est difficile d’expliquer le principe de fonctionnement de bien des objets ou logiciels.
Ceci n’est pas un problème mais a une conséquence importante: notre difficulté à en saisir les limites. Il devient vite impossible de réfuter les promesses ou les menaces d’une technologie trop éloignée de ce que nous connaissons. Pour creuser cette idée, je vous renvoie à l’article indiqué en commentaire de Rodney Brooks1.
Quant à l’illusion, c’est celle d’une quantité limitée de travail existant. Cette crainte de sa capture par l’outil ou la machine en raison d’une productivité accrue est ancienne et parait intuitive.
Pourtant dans le temps long, on en trouve peu de traces. Au contraire, la population active n’a cessé de progresser, absorbant les pertes d’emploi induites.
Car le progrès technologique ne fait pas que remplacer ou déplacer des emplois, il en a jusqu’à maintenant toujours créés. Pour David Autor 2, la raison en est justement cette difficulté à percevoir à l’avance le potentiel de complémentarité.
Ce qui ne réduit pas les défis à venir bien entendu.

- Rodney Books (2017), «The Seven Deadly Sins of AI Predictions», MIT Technology Review – https://www.technologyreview.com/2017/10/06/241837/the-seven-deadly-sins-of-ai-predictions/ ↩︎
- David Autor (2014), «Polanyi’s Paradox and the Shape of Employment Growth», NBER Working Paper Series, Cambridge, MA: National Bureau of Economic Research https://www.nber.org/system/files/working_papers/w20485/w20485.pdf ↩︎
