« What looks like a lack of focus is often a lack of understanding ».
Je tombe sur cette phrase en ouvrant une édition récente de la Sunday Newsletter de Farnam Street1.
Shane Parrish y présente ce qu’il dénomme une asymétrie cachée : « Si vous observez comme tout le monde, vous obtiendrez les mêmes résultats que les autres. Chercher à creuser ce qui doit être compris produit une différence majeure en matière de résultat » (traduction volontairement libre de « If you apply your focus like everyone else, you will get the same results as everyone else. Understanding where to apply your focus makes a massive difference in results. »)
Ceux familiers de la pensée de Michel Crozier ou des travaux de Francois Dupuy pourraient y voir un écho à cette belle idée d’intelligence des acteurs.
Savoir regarder un problème est une clé de compréhension majeure, que ce soit pour accompagner dans son action un entrepreneur ou pour travailler sur la transformation des organisations. Ce point trop souvent oublié est d’autant plus nécessaire que nous avons une tendance innée à chercher une solution.
Shane Parrish est d’ailleurs explicite dans son texte : le sujet est de savoir sur quoi se concentrer. Comment faire ? En recherchant à comprendre le problème (a deep fluency in the problem). Pour cela, il faut accepter de « s’imprégner du problème et de ses détails ». « Vous devez essayer des choses, réfléchir et apprendre. Tôt ou tard, vous commencerez à comprendre l’asymétrie cachée ».
Passer trop vite à la solution pour répondre à des enjeux complexes – humains, organisationnelles ou techniques – nous fait passer à côté de cette asymétrie. Il est nécessaire d’accepter de prendre le temps d’observer le problème, d’autant plus si le problème apparent semble provenir d’un manque de process ou d’efficacité. Car ce problème est bien souvent « invisible ».
Se concentrer sur le problème peut provoquer une différence majeure. D’autant que ce qui cache est parfois visible par tous, mais ignoré par tant.
Une façon de trouver cette asymétrie est d’écouter « ceux qui parlent du succès des autres ». L’explication du succès (la chance par exemple) ou l’interrogation critique face à un succès (exemple du livre qui se vend bien, alors qu’au fond « il n’est pas si bien écrit ») peuvent vous éclairer.
Il existe bien sûr d’autres pistes, à commencer par parler avec ceux directement confrontés au problème. En prenant le temps de les écouter, se dessinent bien souvent dans les discours des nuances ou des dissonances qui sont autant d’indices.
Pour ceux qui ne connaissent pas cette lettre, je ne peux que vous encourager à vous y abonner.
Publié initialement sur LinkedIn : voir le billet d’origine
- Brain Food, no. 475 — June 5th, 2022, https://fs.blog/brain-food/june-5-2022/ ↩︎
