Aller au contenu

Imaginer ou mourir

Vignette Lkdn

« Imaginer ou mourir »1, c’est le titre de la conclusion de ce billet de Michel Goya que je vous invite à lire.

Comme souvent, ce qu’il écrit, comme historien et militaire, livre des éclairages pour les entreprises qui méritent qu’on s’y attarde. Certains objecteront ici que cela n’a rien à voir et peut-être ont-ils raison. Je vous invite néanmoins à lire ce texte, car il donne à penser « contre soi », ce qui est nécessaire pour chercher à mieux penser.

Si je devais en faire un commentaire, je partirais de sa référence à Alfred Adler2 : « on se construit en fonction d’un modèle de soi imaginé dans un #futur indéterminé ». Tout en ajoutant qu’imaginer, bien plus que prévoir tant cet exercice est limité, reste la moins mauvaise des solutions à mes yeux. Michel souligne d’ailleurs la limite évidente de cette prévision, rappelant que parfois elle relève plus de la voyance que de l’anticipation.

Imaginer donc, tout en restant bien conscient que :

  • Anticiper les possibles évolutions d’un marché est nécessaire mais ne peut se faire isolément des autres acteurs : notre réflexion ne peut ignorer que nos concurrents ou nos partenaires feront de même. Raisonner en postulant que nous sommes la seule force motrice est une perte d’énergie déraisonnable ;
  • Ce travail d’anticipation doit garder à l’esprit que les modèles qui structurent une entreprise sont autant une force qu’un frein, y compris dans ce qui sortira de la réflexion. Ce qu’il nomme le « confort organisationnel » est un obstacle à ne pas sortir de l’équation car il agit comme une corde de rappel intense: « Imaginer le futur c’est bien, surtout s’il ne faut rien changer »;
  • Plus que la prévision, une réflexion ouverte sous forme de scénarios permet de garder à l’esprit que ce qui sera dépend de trop de variables pour l’atteindre, y compris de la réaction de trop de personnes, qu’elles soient consommateurs, politiques ou dirigeants d’entreprises d’un même marché ou nouveaux entrants possibles. Au risque bien trop certain, lui, de passer à côté des scénarios dits de « rupture ».
  • Si cible, ou vision, il y a, elle ne pourra être que mouvante, à réactualiser régulièrement, en s’assurant de regards externes exigeants à même de confronter les certitudes, « afin que se dégage […] un consensus » exploitable. Tout en veillant à garder sous la main les « futurs exclus », à revisiter régulièrement eux aussi pour prendre du recul et de la hauteur sur les développements du réel. Ils formeront autant de moyens pour nuancer la validité du scénario central.

Une lecture stimulante donc, comme bien des billets qu’il publie régulièrement sur son blog qui mérite le détour.

Publié initialement sur LinkedIn : voir le billet d’origine

  1. Le futur ne revient jamais – Anticipation militaire et fantaisie, Michel Goya, samedi 27 novembre 2021 https://lavoiedelepee.blogspot.com/2021/11/ ↩︎
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Adler ↩︎

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *