« Je ne nie pas que les machines ne soient capables de rendre la vie plus facile. Rien ne prouve qu’elles doivent la rendre plus heureuse ».
A défaut d’un nouveau billet Travail & automatisation, mais en lien direct, un extrait d’un texte de Bernanos de 1947, La liberté pour quoi faire?

Texte d’une étonnante actualité par bien des aspects même s’il a vieilli. Notamment par le lien qu’il fait entre pouvoir, travail, machines (aujourd’hui plus logiques que physiques), liberté et asservissement.
« Il ne s’agit pas, je le répète, de détruire les machines, mais de faire face à un risque immense qui est l’asservissement de l’humanité, non pas précisément aux machines, ainsi que voudraient me le faire dire les imbéciles, comme si nous nous attendions à être menés un jour aux champs par un petit robot à roulettes, comme des oies – et encore, après tout, qui sait ?… Non pas l’asservissement aux machines, mais l’asservissement à la collectivité propriétaire des machines.
Les imbéciles peuvent rire. Je me suis passé toute ma vie de l’approbation des imbéciles. Je ne nie pas que les machines ne soient capables de rendre la vie plus facile.
Rien ne prouve qu’elles doivent la rendre plus heureuse ».
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