Réseaux sociaux et innovation : Partir du réel pour mieux y revenir

Le temps que nous passons sur les réseaux sociaux paraît à beaucoup exagéré, voir inutile et improductif, pire anxiogène et destructeur. Et pourtant, face à l’avalanche d’informations disponibles, ils sont devenus incontournables comme outil d’information, de veille et de réflexion, tant aux niveaux personnel que professionnel. Ces réseaux, utilisés avec méthode, sont devenus une porte d’accès au réel, une source permanente de créativité et d’innovation, pour comprendre, apprendre et entreprendre.

Une incroyable richesse à portée de clic

Les réseaux sociaux ne représentent qu’une part des outils en ligne utilisables et peuvent (doivent ?) être complétés par d’autres (blogs, podcasts, cours en ligne ou MOOC…). La somme de connaissances disponibles est immense, et les sujets que l’on peut creuser avec efficacité et rapidité derrière son écran sont nombreux.

Ils peuvent également être utilisés comme outils d’organisation de l’information et de veille, en complément d’outils de curation, d’alerte ou de lecteurs de flux RSS.

Autre immense mérite, ils favorisent la compréhension et l’interaction. Les réseaux permettent de découvrir une diversité de sujets et de personnalités auxquelles il serait difficile d’avoir accès dans le monde réel, d’interagir et de se frotter à des opinions autres, à des sujets éloignés de nos préoccupations ou de celles de nos organisations. En cela, les réseaux aident à revisiter habitudes, modèles mentaux et croyances. Dit autrement, les interactions et la richesse des contenus favorisent les découvertes inattendues, la fameuse sérendipité.

« Fou celui qui croit que la chance existe, encore plus fou celui qui n’y croit pas. »

Mon grand-père

La sérendipité, cela se travaille !

La sérendipité qualifie le fait de « trouver » ce que l’on ne cherchait pas. Mais pour involontaire que soit cette trouvaille, elle doit encore être vue comme telle. Elle ne peut aller sans l’effort (mais aussi le plaisir ou la joie) de discerner l’opportunité derrière l’information ou le carambolage d’idées.

Comme le souligne Jean-Claude Ameisen, « pour voir l’inconnu, la nouveauté, pour réaliser qu’il s’agit de ce que l’on n’a jamais auparavant rencontré, il faut d’abord accepter la possibilité de son surgissement, accepter la possibilité que ce que l’on a devant soi puisse être différent de ce que l’on attendait » (Émission « Sur les épaules de Darwin », Aux origines du chocolat).

La sérendipité n’est donc pas seulement le résultat du hasard ou de la curiosité. Elle suppose un état d’esprit à cultiver avec soin, une disponibilité pour accueillir la réalité dans toute sa complexité. Non pas pour trouver par hasard, mais pour se laisser rejoindre par ce et ceux qui nous entourent.

Pour cela, il n’y a bien entendu pas que les réseaux ou les outils évoqués plus haut. L’observation, la lecture ou l’écoute de podcasts au rythme de la marche aident à se décentrer, à s’ouvrir à de nouveaux sujets, de nouvelles perspectives.

Du virtuel à la relation, pour revenir au réel

Pour revenir aux réseaux, on peut y être passif, consommateur pour l’essentiel. Mais ils permettent également d’entrer en relation avec une facilité parfois déconcertante, démultipliant alors leur efficacité, ainsi que les collisions d’idées et les télescopages fructueux. Toute cette effervescence ne suffit cependant pas pour être créatif, pour innover. Elle contribue par contre à nous rendre acteur.

Vient alors le moment de « transformer » ces relations en ligne pour se frotter à elles, en chair et en os, pour échanger plus avant, confronter les idées et les expériences, puis devenir à notre tour, doucement, des passeurs. Une fois franchi ce cap, les choses changent, la créativité et l’innovation se libèrent progressivement. Et l’on peut agir.

Les réseaux sociaux peuvent donc être de formidables outils au service de la créativité et de l’innovation. Ils le sont car ils permettent doublement de rejoindre le réel, par la meilleure compréhension de sa complexité et par la relation, et donc de redonner une belle place à l’humain.

Une première version de ce texte a été publiée dans le livre blanc « L’accès à l’information et aux réseaux sociaux rend-il plus innovant », coordonné par Alban Jarry, publié en mars 2018


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